C’est bien difficile de donner un age à Mattahab. Il a le teint buriné, un visage allongé, « décharné ». Des pommettes anguleuses transcrivent « un manque de nutrition » certain. Il a les cheveux noirs, luisants, la moustache méticuleusement taillée. Ses yeux noirs sont rieurs. Son sourire fait ressortir des dents abîmées. Il machone toute la journée des feuilles de pan pour couper sa faim.
Il porte une chemise rayée bleue marine aux manches courtes. Un tissu beige, enroulé autour de la taille lui tombe le long de ses jambes maigres. Il est de petit gabarit comme bon nombre de ses confrères.
Sa famille vit a Mymensingh dans le nord du pays. Il est marié, deux fois. Il « conjugue » son statu marital avec deux femmes. Il a cinq enfants : deux filles et trois garçons. Le plus age a 12 ans, la plus petite en a quatre.
Il a toujours fait ce travail de rickshaw wallah, n’a rien connu d’autre.
Il fait la satisfaction de l’hôtel ici. Chaque fois qu’un client demande les services d’un rickshaw wallah, c’est à lui qu’on fait appel. Ponctuel, sérieux dans ses courses et dans ses tarifs, il fait référence ici dans le quartier. Les autres rickshaw wallahs ont peu de chance de « dégotter » des courses avec l’hôtel. Ils s’en vont donc chercher ailleurs, vers d’autres hôtels dans ces beaux quartiers de Dhaka.
Car une course avec l’un de ces hôtels, c’est doubler ses revenus, voire davantage…
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Jean-Louis
(à suivre)



