6 Le Voyage : Entrainem. rickshaw

Vendredi 20 juin 2008:

Budhbar n’est pas loin de la déprime ces temps. Du fond de son garage, il perçoit la pluie, le vent, la fraicheur qui sévissent depuis quelques semaines déjà. Il en a le teint pale, et dans cette luminosité terne semblable à celle d’un automne, ses couleurs ne resplendissent plus. Il courre à la déprime. Sur.

Quel est donc la couleur d’un été ici dans cette partie du monde se demande-t-il. Il y a un an, à pareille époque, si loin là bas chez lui, il arpentait les routes et les chemins sous une chaleur accablante. C’était soleil, c’était ciel bleu. Certes, c’était mousson aussi parfois. Et des trombes d’eau s’abattaient alors plus rapidement qu’il n’en faut pour le dire. Rafraîchissement garanti. Quand ça ne dégénérait pas en une catastrophe.

Rien de semblable ici sur les terres de Savoie. C’est temps gris depuis des semaines en ce mois de juin.  Gris clair, gris sombre ; entre gris clair et gris foncé.

 

Mais ce vendredi, c’est tout autre chose. Enfin, il fait beau, très beau. Enfin, il fait chaud. Le soleil est déjà haut en cette fin de matinée. Oubliées alors les pensées « déprime ». Il n’en faut pas plus pour que Budhbar retrouve le teint qui est le sien. Ses couleurs flamboyantes resplendissent à nouveau sous ce soleil de juin.

 

Demain c’est l’Eté. Quoi de plus réjouissant alors que de célébrer la venue de l’Eté en participant demain à une Fête des Ecoles. Nous baladeront les enfants. « Soleil »,tout ça.

 

Comme convenu, nous partons donc pour Pontcharra. Une cinquantaine de kms, à travers la plaine de la Combe de Savoie. Ce sera paysages agricoles, cultures de blé et de maïs. Des champs ont été fanés. L’herbe récemment coupée se sèche aux rayons du soleil. Elle sera rentrée d’ici peu.

 


Après Bourgneuf, un faux plat et un léger vent de face me permet d’avoir une approche « autre » de ce paysage, de cette longue ligne droite interminable.  Passage par La Rochette. Un arrêt au plan d’eau pour nous rafraîchir. Les senteurs sont d’été, les parfums agréables. Quelques personnes discutent à l’ombre sous les arbres. Budhbar attire leur attention. Nous échangeons qques mots, parlons de ce voyage. Las bas, ds un village, au Bangladesh ou en Inde, d’ici quelques semaines seulement, ce même type de rencontre risque fort de s’apparenter à un attroupement. Je suis impatient de ces rencontres. Ce sera d’autres mots échangés, des regards aussi échangés qui palieront à la défaillance de mon vocabulaire hindi et bengali.

 


Nous reprenons la route pour ce final. Il est près de 18 heures. Le soleil est encore haut. Nous arrivons à Pontcharra.

 

Samedi 21 juin 2008:

C’est Fete des Ecole au Groupe Scolaire Villard Benoit.

Prune sera la première passagère. J’ai dormi chez ses parents cette nuit.

Nous voilà donc parti pour quelques centaines de mètres pour rejoindre le groupe scolaire. Christophe, son papa nous suit en voiture. Elle trouve le rickshaw confortable et semble apprécier l’instant. Budhbar en est ravi.

Ce sont les enfants qui « ouvrent » la Fête des Ecoles. Ils chantent certaines des chansons apprises en cours d’années. Les cours moyens succèdent aux cours élémentaires. Les camescopes et appareils photos sont de sortie. Les parents y vont de leurs appréciations et de leurs encouragements.   

Sitôt le spectacle fini,  les enfants se précipitent dehors à la recherche du 1er stand de la fête. Ce sera Pêche à la ligne, Jonglage, Parcours Sportifs, Maquillage,  Ballooneur , Stand Crêpes pour certains déjà. Les activités ne manquent pas.

Budhbar se tient en retrait, sur un coté de la cour. Trop « extravagant » peut être pour croire qu’il est aussi de la Fete, les enfants ne prêtent guère attention à lui en ce début d’apm. Il y en a pour les autres stands, pas pour Budhbar.


Et puis…

Et puis voilà qu’un enfant s’approche de Budhbar, tourne autour de lui en se demandant bien quel est ce drôle de véhicule.

« On peut faire un tour ? »

Bien sur qu’on peut faire un tour. Le casque attaché pour l’enfant, nous voilà donc parti pour les premiers tours de roue de l’apm sous le regard amusé de son père. Quelques centaines de mètres parcourus autour de l’école . Nous voilà de retour

Ce sera curiosité, attention, amusement, éveil. Les enfants voudront savoir d’où vient ce drole de vélo, qui le conduit las bas en Inde, qui il emmène. Ils voudront savoir si c’est difficile de le conduire, si las bas, il fait aussi chaud que cet apm. « Ca doit être un dur travail » me lance l’un d’eux.

Je n’arrêterai plus de l’apm. Le copine succédant au copain, le copain à la copine, le frère à la sœur, la sœur au petit frère. Il y a celui qui veut faire deux tours , celle qui se verrait bien aller à l’école avec un tel vélo avec papa pour le conduire.

Il est près de 17 heures. Il « faut » bien arrêter. Dernier enfant à balader. Une bien belle après midi que les enfants semblent avoir apprécié.

 

Dimanche 22 juin 2008:

Départ en cette fin de matinée pour le retour sur Albertville. Christophe m’accompagne jusqu’à Montmélian. Nous croisons bon nombre de cyclos. Ils y vont de leurs « Salut », tandis que des automobilistes y vont de leur coup de kaxon pour me dire « Bonjour ». Le klaxon sympahique, ça existe.

Quelques photos prises sur le pont  Cuenot à Montmélian

Nous rentrons par la nationale jusqu’à St Pierre d’Albigny. La circulation est dense en ce dim apm. Ca tombe bien. La circulation en Inde est dense, aussi. Il faut m’y faire. Las bas, en plus, elle est anarchique. A celui qui se fraie un chemin, à celui qui existe.






Nous finissons notre sortie en revenant par les chemins forestiers jusqu’à Albertville. Une centaine de kms, en « configuration voyage », avec valise et matérieL photo, histoire de « faire le point «  sur certaines donnes et de rectifier pour les sortie futures.


Jean-Louis 

 

 

 


(à suivre)

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