8 Le Voyage : Carnet de route

Partie 1
Milou est chargé. Je grimpe dessus.
« - Ok bye bye »
Un rickshaw wallah est garé de l’autre coté de la rue. Il est dans la direction que je dois prendre, semble m’attendre. Demi tour dans la rue encombrée. Les personnes se poussent et me laissent un semblant de passage. Mon demi tour fait, le rickshaw wallah s’élance, me précède. Je le suis. Je me retourne pour lancer un au revoir. 
? !
Difficile ! Deux rickshaw wallahs se sont lancés derrière moi. J’ai bien du mal à apercevoir mes amis. Le convoi est formé.
Nous traversons des rues bordées d’échoppes en tout genre. Prestataire de repassage, vendeur de fruits, restaurants, menuisiers... Le rickshaw wallah qui me précède annonce aux passants qu’il y a un drôle de personnage qui le suit. Je ne comprends pas le bangla, mais ses propos doivent ressembler à cela. Il conduit son rickshaw de la main droite, balance l’autre bras d’avant en arrière dans un mouvement agité d’excitation, le pouce levé, le poing fermé.
Un des deux rickshaw wallah qui me suit se porte à ma hauteur. Il me montre ma roue avant, semble me dire qu’elle est dégonflée. Milou a visiblement mal aux pattes.
« - Ok understand. Stop next misteri. »
« - OK ok ok… » me lance-t-il avec un grand sourire. Il interpelle son confrère me précédent, lui fait part sans doute du mal aux pattes.
Nous longeons un plan d’eau et arrivons à proximité d’un carrefour bordé d’un pré. Deux misteris y ont installé leur « atelier ». Du petit outillage. Et rien d’autre.
           
L’un des deux est affairé à la réparation d’un vélo. Je me gare. L’autre vient à moi, examine la roue. Il va chercher une pompe. Des passants s’approchent du rickshaw. Ils lisent les quelques mots écrits en Bangla accrochés aux rickshaw. Le misteri revient, met le gonfleur à la valve. Debout, les bras tendus vers le bas, il prend appui sur le gonfleur et se baisse, puis se relève, et se lance ainsi dans un mouvement de va-et-vient incessants. Au bout de quelques secondes, il tâtonne la roue. Le gonflage est satisfaisant. La patte est sauvée. Elle n’est pas à changer…

Partie 2
Deux jeunes étudiants me conduisent enfin sur la route sud. J’ai eu bien du mal à la trouver. Elle n’est guère fréquentée, si ce n’est par les riverains. Je paie le rickshaw aux étudiants et les quitte.
Je grimpe sur Milou et me lance. La route est étroite, ombragée, bordée ici et là par des thés shop et des habitations. Les baraquements sont de métal. Des hommes s’affairent à réparer des croisillons de bambou sur lesquels reposent et sèchent des feuilles de palmiers. Des grains de riz sont étalés au soleil sur des nattes, d’autres sur la route. Sur la gauche, des enfants pêchent dans une boutasse. Des bois de bambous qui se prennent pour des ponts l’enjambent ici et là.
Une femme marche le long de la route et traîne à la main des feuilles de palmiers. Elle en fera sans doute des nattes. Un enfant pousse un bout de bois recourbé en son extrémité. Son imagination semble en avoir fait autre chose qu’un simple bâton. Un autre fait rouler une roue de plastique fixée au bout d’un bois.
             
Des vans ramènent les gens qui sont venus au marché de Madaripur. Des enfants reviennent de l’école. Les garçons sont vêtus de bleu, les filles de blanc. Des femmes bavardent en bordure de route à proximité de leur maison. Leurs sarres colorées se détachent sur le brun des riz qui sèchent sur la route. Des vaches mangent leur paille dans des écuelles de pierre.
Des bâtons entourés de bouses reposent verticalement contre les barrières de bambou et sèchent au soleil.
      
Des femmes lavent leurs gamelles d’alu dans l’étang. Des oiseaux chantent. Des fleurs bleues colorent le paysage verdoyant. Des petites parcelles de rizières de 10 m par 20 env se touchent les unes aux autres. Les bananiers s’espacent. J’aperçois derrière eux un plan d’eau, une habitation
      
Une journée ordinaire du coté de Madaripur…

Jean Louis

(à suivre)

PRESENTATION

CARNET RICKSHAW VIDEO

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