8 Le Voyage : Carnet de route

J’arrive près du mausolée. Il y a là un terre-plein. Plastiques, papiers, et pelouse se le sont appropriés. Des vaches vont. Sur le bord, une mosquée, petite, bleue, se tient à l’ombre d’un bosquet d’arbres. Des rickshaw walhaw stationnent à proximité. Un homme remplit de briques les deux paniers que porte un âne. Il me regarde, me fait quelques signes. Je peux garer Milou semble-t-il.  Ce que je fais. J’en descends, l’attache et m’éloigne.

Je rentre dans l’enceinte en franchissant une « gate ».

        

Des enfants jouent au cricket. Un jeune garçon vient à moi et m’aborde. Rapidement, d’autres ados se joignent à nous et nous accompagnent.

Le bâtiment et l’enceinte n’ont pas la monumentalité et la splendeur du précèdent.

        

Du sable, des gravats et des ferrailles encombrent la galerie périphérique. Des travaux sont en cours. Des grilles métalliques ajustées aux porches d’entrée en interdisent l’accès. Je m’approche. J’aperçois une pierre tombale portant une surélévation triangulaire de quelques centimètres. Un drap la recouvre.

Nous faisons le tour du bâti. Quatre hommes assis au sol dans la galerie jouent aux cartes sur un tapis. A proximité, trois hommes sur des marches se font tourner une pipe.

Je m’éloigne du bâti, va dans un angle de l’enceinte prendre quelques photos. La tour d’angle est en restauration. Un ouvrier projette de l’eau sur la façade depuis son échafaudage de bois. Deux à trois mètres plus bas, un de ses collègues actionne une pompe avec ses bras. Elle propulse l’eau à la hauteur de l’échafaudage. Restauration d’un bâti avec les moyens du bord.

Je prends des photos, dos au mausolée et à la cour. Deux hommes s’approchent de moi. L’un des deux m’aborde, en hindi. Il semble me présenter son « ami ». Autour de moi, une trentaine de personnes.

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Un homme de la foule s’approche. Il me précise dans un anglais « indianisé » que « l’ami » est un rickshaw wallah. Je me retourne vers le mausolée, m’aperçois que la foule a grandi. Une camera est dirigée sur nous.

? ? ? ?

« - Who are you please ? ! »

Ce sont des journalistes locaux. Ils me présentent Jaleb et Ackik. Ils sont rickshaw wallahs. Ils joignent leurs mains, me  serrent la main, me remercient l’un et l’autre.

? ? ? ?

Ce voyage donne une « lisibilité » à leur travail peut-être. Rien de plus. C’est de cela peut-être qu’ils me remercient.

Ils travaillent dans la même compagnie. Ils louent l’un et l’autre leur rickshaw 20 roupies,  en gagnent 100 par jour environ, pour 10 heures de travail. Ils ne savent ni lire ni écrire  l’un et l’autre. Jaleb fait ce travail depuis 15 ans, Ackik depuis 10 ans.

Les présentations faites et les quelques images prises, je retourne accompagné ( ! ) vers Milou. Arrivé à ses cotés, l’un des journalistes me fait signe de le suivre. Il me conduit vers un rickshaw wallah stationné à proximité de la petite mosquée bleue. Bihariset a 50 ans. Il loue son rickshaw 30 roupies. Ils sont 6 dans son foyer. Ses gains et son temps de travail sont similaires à ses collègues me dit-on.

Les journalistes nous demandent à Biharet et à moi de nous asseoir sur son rickshaw. Le cameraman se met en place. Le journaliste se tourne vers le rickshaw wallah et l’interview.

      

C’est quelque part « Bonheur ! » . Une camera, qui plus est, indienne, est « braquée » sur un rickshaw wallah…

 

Jean louis

( à suivre)

PRESENTATION

CARNET RICKSHAW VIDEO

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