Alors c’est donc toi le « New Rickshaw », qui va t’en aller sur les routes du pays. T’échapperas donc à notre « enfer » d’ici, t’échapperas donc à notre quotidien. Tu n’en seras au mieux que témoin. Tu m’diras, tu rencontreras sans doute d’autres « enfers » comme le notre dans le pays. Tu m’raconteras ça. Tu « repasseras » bien ici à ton retour, n’est-ce pas ?
Enfin, tu sais au moins ta chance, j’espère. Tu vas te balader toi, tu t’en fous. T’as vu un peu à quoi ça ressemble la vie ici ? T’as vu le cadre ?
Ces plaques de tôles à la verticale là bas, ça délimite à nous tous notre « chez nous ». Les planches, là haut, c’est pour les rickshaw wallahs, c’est pour dormir. Pas de matelas, non.
Au mieux quelques nattes.
Ce point d’eau, au milieu de la cour, c’est pour eux
encore, pour leur toilette. Oui, ils sont une centaine ici, je sais. Ils ne sont « que ! » 70 de l’autre coté de la rue, dans l’autre « boutique ».
Eh bien oui, t’as pas d’intimité. Je sais. C’est comme ça la vie ici.
Pour manger, c’est repas collectif pour tous. T’aimes, t’aimes pas, c’est pareil…
Ce sont des femmes du quartier qui font les repas…
C’est ça la vie ici…
La Vie ici, c’est aussi donner au boss chaque jour en rentrant, 80 à 100 Takas pour la location du rickshaw (1). Un bon « business », tu vois, la location de
rickshaw…
La Vie ici, elle est sans doute meilleure qu’ à Mymensingh, d’où tous ces rickshaw wallahs sont originaires. Ils y ont
laissé les leurs, et s’en retournent les voir une fois par mois …
La Vie ici, tu vois, c’est comme ça…
Jean-Louis
(à suivre)
(1) le tarif de location varie de 80 Takas pour les rickshaws les plus vieux à 100 Takas pour les rickshaws les plus neufs



