6 Le Voyage : Entrainem. rickshaw

Vendredi 16 novembre 2007:
8h30, le matin. Le froid. Autour de 0° peut-être. Et puis alors ! Il faut y aller. Je me l’étais dit. Direction Chambéry.
Le soleil est là, qui se montre. Le givre et la neige sur les bas-cotés se demandent bien, alors, quelles sont ces ombres qu’ils ont à porter ce matin. Les ombres d’un rickshaw. Ce n’est pas banal pour ces flocons de neige tombés il y a quelques heures à peine.
Direction Chambéry. La nationale. Une circulation dense. Parfait pour une première approche, en attendant de se confronter à la circulation des pays que j’envisage de traverser. Ne pas se laisser « impressionner » si j’ose dire, et aller de son allure.
De temps à autre, un coup de klaxon. Mais c’est pour me dire « Bonjour ». Des « coucous » aussi de quelques automobilistes. C’est très sympa tout ça.
Comme c’est marrant du reste que ces gestes là. Ils me rappellent ceux de ces chauffeurs de camion en Inde, qui me lançaient de grands « Hello », et qui par de grands gestes et des coups de klaxon eux aussi, m’encourageaient sur mon vélo. Etrange similitude entre ces deux comportements de ces 2 cotés de la planète. Un peu comme si le « surprenant » (ou le « saugrenu » !) invite au convivial. Peut-être. Le « surprenant » comme « vecteur-déclencheur » de communication.
 
Sur la route, à la sortie d’Albertville, un rapace me précède et m’ accompagne. Il me devance, se pose sur l’une des branches d’un de ces arbres dénudés. Il reste là, regarde vers le bas et semble m‘attendre. A mon passage, il reprend son envol, s’en va quelques mètres en avant choisir une autre branche. Et c’est le même « cinéma » qui se rejoue, sur plusieurs centaines de mètres. Et puis, sa curiosité sans doute assouvie, il finit par nous abandonner. Même la nature et les oiseaux semblent s’étonner de la présence de Budhbar sur les routes de Savoie !
 
Montmélian, Chambéry, Aix les Bains, léger vent de face. 26 kms parcourus sur une route relativement plate, au cours desquels je m’aperçois que la prise au vent est au fond un facteur aussi important que peut l’être le relief. Comment l’éviter. A part disposer d’une capote entièrement démontable, je ne vois pas.
 
Aix les Bains. La nuit est tombée. Direction St Félix. Je «joue en nocturne ». L’occasion de mettre en service les différents phares emmenés. L’occasion aussi de pousser le rickshaw, sur plusieurs centaines de mètres. Ca monte pas mal, parfois, sur cette route.
Quoiqu’il en soit, pousser le rickshaw fera partie aussi de l’aventure. Autant s’y préparer de suite, et ne pas se laisser « décourager » et « déstabiliser » par la moindre montée. Après tout, j’ai tout mon temps. Je n’ai pas froid, je n’ai pas faim, je n’ai pas soif. Je risque quoi au juste. Rien. La nuit est là. Silencieuse, « rassurante ». Je n’entends rien, que les grincements de Budhbar.
Alors c’est parti.
Pousser, pousser sur un ou deux kms en fin de compte. Remonter sur le rickshaw, quelques centaines de mètres parcourus, lancé, puis redescendre. Et puis pousser. Et puis remonter. Relancer le rickshaw, et le faux plat sitôt ressenti, forcer davantage sur les pédales, aller le plus loin possible. Ne pas trop forcer non plus, au risque de briser la chaîne. Pour le coup, il fait désormais un peu sombre pour pouvoir retrouver tous les morceaux de la chaîne si celle-ci venait à se briser en mille pièces !
J’arrive à St Félix, chez mes amis.
 
Samedi 17 novembre 2007:
Le froid m’attend ce matin encore.
Direction Annecy. Je préfère la route touristique à la nationale. Histoire de changer. Je prends le chemin des écoliers ce matin, c'est une idée lumineuse. Et je m’en vais pour Alby sur Chéran, le village. Descente vertigineuse sur la cité médiévale…sans frein, ou si peu. Si peu que ça en devient périlleux que de descendre avec Budhbar et retenir ses 80 kgs. Lentement, très lentement, pas à pas, je parviens malgré tout au village.
Et là surprise…Il y a travaux et déviation ! 
  carnetrickshawprepa071104.JPG
  carnetrickshawprepa071103.JPG
Impossible de passer avec le rickshaw…sans déplacer ici et là quelques barrières. 
« Voulez vous que je vous aide ? » me lancent ce jeune homme, cette dame ou même cette personne plus âgée. Tout le monde y va de son service, et c’est ainsi que de « portage-rickshaw » en « déplacement-barrière » je parviens avec l’aide de tout le monde, à retrouver la route de l’autre coté du village. Un village, en fin de rénovation, plein de charme, que je vous invite à découvrir. Une place, bordée en partie de veilles arcades, lui confère son authenticité médiévale.
carnetrickshawprepa071101.JPG   carnetrickshawprepa071102.JPG
« Je vous offre un thé ? » me lance ce jeune homme après m’avoir aidé. «Avec plaisir ! »
Et c’est ainsi que je reste à bavarder en dégustant un thé bouillant. C'est tout Bonheur à Vivre, cet accueil chaleureux de ces personnes rencontrées. "Simplicité".
Je reste là plusieurs minutes, nous parlons "voyage", j'expose mon projet. Et puis il faut bien repartir. Direction Annecy. 
  carnetrickshawprepa071105.JPG
  carnetrickshawprepa071106.JPG
Retour sur la nationale. Sortie d’Alby, première montée de la journée, et quelques faux plats jusqu’à Annecy. 
  carnetrickshawprepa071107.JPG   
Le repas pris à Annecy, et puis c’est reparti, direction Albertville. Il est déjà tard. Ce n’est que piste cyclable, et facile à rouler….sauf qu’il y a ici et là quelques traces de neige et de verglas. Budhbar a froid aux pieds. C’est sans doute la 1ere fois, j’imagine, que des pneus mentionnés "rickshaws" fabriqués au Bangladesh gouttent à la saveur de la neige. 
           carnetrickshawprepa071110.JPG
La nuit tombe, je n’y vois plus grand chose sur cette piste cyclable non éclairée, et arriver sur ces plaques glissantes, même à la vitesse « rickshaw », peut s’avérer périlleux. Je ne me suis pas encore mis au « travers- rickshaw ». Ca ne serait peut-être tarder.
Retour sur la nationale pour finir, rien que quelques kilomètres.
Je suis arrivé. Quelques idées en tête, en plus, pour chargement et améliorations à porter après ces 145 kms parcourus.
Je décharge les bagages, monte chez moi, prends une douche. Je mets les infos.
.... 
Pendant ce temps, au Bangladesh, un cyclone s’abattait sur le pays. 
 
Jean-Louis
 
(à suivre)  
 
 

PRESENTATION

CARNET RICKSHAW VIDEO

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés