C’étaient deux jours de sortie pour Budhbar.
Il doit bien se demander ce qui lui arrive ces temps. Chemins et
petites routes qui sillonnent la campagne, c’était peut-être son lot aussi au Bangladesh. Etait-il de service en ville, ou à la campagne. Je ne sais pas.
Las bas, les vaches,
les chèvres et les lapins ne se retournaient sans doute pas sur lui. Ca doit lui
faire tout drôle ces jours, que d’attirer toute cette attention.
Las bas, on ne faisait pas cas de lui, ni de lui ni de son chauffeur. « Pousse toi que je passe », et plutôt
« Ok pour un fossé ! » s’ils ne voulaient pas finir l’un et l’autre contre un bus ou une auto.
Rien de tout ça ici, sur les routes de Savoie. Bien au contraire. Que d’attention. Que d’attention des conducteurs et des
piétons. Jusqu’ à se faire inviter, « comme ça », à boire le café. Sans raison. Ou pour mille raisons plutôt. Pour parler, bavarder.
Ce sont là de ces choses simples, que nous oublions peut-être, à notre insu, et dont l’insolite réveille en nous la
nécessité. Nous avons parlé vélo, Histoire, voyage. Une rencontre.
Entre autre, mon hôte est allé chercher, pour moi, son catalogue « Manufrance » du début du siècle passé. Je ne
connaissais pas. Un ouvrage magnifique. Des armes, des vélos, et tout un tas d’articles dessinés dans la précision et le détail. Dessins en noir et blanc. Le « Beau » dans la
sobriété et le "minimalisme" de ces croquis .
…
Nous avons bien roulé ces 2 jours. Entre lac et campagne. Les 110 kms passés. Aucune panne.
Ces
kilomètres parcourus m’ont permis déjà de dresser quelques enseignements sur les braquets à rechercher, sur les « astuces » à trouver coté chargement.
Des kilomètres parcourus, qui me permettent aussi d’entrevoir la pénibilité de ce travail. Il faut le lancer...Il faut le
"dompter"...Il faut l'arréter !
Je n’ai fait que qques kilomètres. Je ne les ai pas fait par 45° à l’ombre, dans le froid ou sous la pluie. Il faudra aussi tester par ces conditions là. Ca tombe bien. C’est bientôt l’hiver, la
neige et les gelées.
J’ai aussi entraperçu le problème du vent, et quel problème quand il est de face ou de coté ! Il faudra
peut-être penser à une capote qui se débâche.
Je suis rentré chez moi après avoir reconduit Budhbar à sa maison. Tranquillement. « Une bière »
( ! ! ! ?), un bain, une « bouffe », et quelques courbatures au pire. Musique. Un lit. Et tout va bien.
Las bas, la vie des rickshaw-wallahs, c’est tout autre chose…
Jean-Louis
(à suivre)