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"Je vais témoigner de mon expérience avec un vélo rickshaw et qui a changé ma façon de voir les choses.
C'était en novembre 2007, je débarquais à la gare routière de Pondicherry. Une cohorte de rickshaw
wallah me sollicite pour une course. L'un d'entre attire mon attention par son calme, sans me forcer la main. Après négociation, nous nous entendons sur le prix : 30 R. Je le suis, nous sortons
de la gare routière. et là, quelle fut pas ma surprise de voir un "vélo rickshaw". J'avais toujours décidé, par principe, de ne jamais prendre un vélo rickshaw. De voir ces pauvres gars,
s'éreinter à me tirer moi et mes 15kg de paquetage sous le cagnare de l'Inde, était pour moi inacceptable ! Même si je savais au fond de moi-même, que la plupart de ces gens avais une famille à
nourrir. Je fais la moue, me voilà bien embêté. Mais bon, je me suis engagé, je ne peux plus reculer. Et ce que je redoutais arriva ! Plus on avançait, plus le rythme ralentissait, et plus
mon conducteur transpirait. Ma gêne et ma honte, elles aussi, allaint créchendo. Le temps me paraissais interminable, et dire que j'avais négocié la course pour 30r... enfin, au bout de 10mn,
1/4h, je ne sais plus trop, on arrive à cette guesthouss de charme que j'avais repéré dans mon guide. On m'annonce le prix de 500r. Trop chère pour moi. Je demande à mon conducteur de me
conduire à une autre adresse. Je suis toujours aussi gêné, je lui demande si ce n'est pas trop loin. Il me rassure, avec un sourire, en me répondant que non. Après s'être reposé 5 mn, voici
que son visage ruisselle à nouveau de sueur. J'essaie de déculpabiliser en me disant que de toute façon, je lui donnerai un bon pourboire. Arrivé à la deuxième adresse, le problème du prix se
pose encore.
Je lui demande alors s'il connaît une adresse pas trop chère. J'insiste sur le rapport qualité-prix.
Il affirme connaître une guesthouss qui me conviendrait. Je suis suspicieux, je me dis (par expérience) qu'il va peut-être m'emmener dans un boui-boui où il touchera sa commission. Mais bon,
je tente le coup. et nous voilà à nouveau sur la route, pédalant encore une bonne dizaine de minutes. Arrivé à l'endroit,on accède à la guesthousse en traversant une grande allée bordée de
végétaux et de fleurs, c'est charmant. Je demande à visiter une chambre. Elle est monacale, mais les draps sont d'un blanc immaculé, il y a une télé et surtout, comble du luxe en Inde, une douche
avec l'eau chaude. Je me demandais qu'elle prix j'allais bien pouvoir négocier. Et bien, j'ai réussis à négocier la chambre pour 175r par jour (pour 5 jours tout de même). Je n'en revenais
pas, je n'avais jamais trouvé un aussi meilleurs rapport qualité-prix en 1 mois et demi de voyage en Inde. J'ai rejoints mon conducteur en le remerciant vivement et lui ai tendus un billet
de 100r en plus des 30 de départ. Il a ouvert de grand yeux, étonné, lui non plus n'en revenait pas. Après coup, je me suis dis que j'aurais pu lui donner plus, vue l'économie que j'avais fais.
Encore une fois j'ai eu honte de moi, mais cette fois ci d'avoir douté de lui. J'avais ramené une montre dans mon sac, que j'avais dans l'idée de donner à quelqu'un. C'était
là l'occasion, il la méritait vraiment. Hélas, j'ai eu beau essayer de le retrouver en scooter, même à la gare routière, je ne l'ai jamais revu. J'ai regretté de ne pas avoir pu lui faire ce
cadeau.
Cette expérience a profondément modifié mes a priori sur les vélos rickshaw, et certainement mes préjugés
dans la relation à l'Autre. Il faut vivre ses propres ses expériences et faire abstraction du reste qui ne peut être que subjectif.
Pour info, le nom de l'hôtel (plutôt guesthouss) "Hôtel Continental" 48, Labourdonnais street. Dans le
quartier Français, le plus sympa à mon goût."
(...)
Jean
février 2009