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Octobre 2008. Dhaka banlieue nord, du coté de l’aéroport. Quartier populaire, bouillonnant. Au coin d'une rue, un vieil homme aveugle, une canne en main, vêtu d’une longue djellaba blanche, chante. A ses pieds, quelques takas dans une assiette d’alu. J’écoute, silencieux. Emotions. Un signe au rickshaw-wallah, et nous repartons. Nous allons par des ruelles étroites, encombrées et fourmillantes, tandis que la voix du vieux s’estompe puis s’évanouit dans le concert des sonnettes des rickshaws...
Petites boutiques de rue. Les artisans s’agitent. Nous finissons par gagner le « garage-guesthouse » où je suis attendu. Mustaffa m’accueille et me fait visiter les lieux. C’est ici, dans cette Company de rickshaws, qu’il gare son tricycle et qu’il vit une grande partie de l’année.
C ’est fin d’après midi. Ses compagnons rickshaw-wallahs rentrent de course. Certains mènent leur rickshaw réparer au mistry (mécanicien) installé dans un coin de la grande cour, tandis que d’autres parquent leur monture puis vont se laver, ou faire leur lessive, à l’une des deux fontaines de la Company. Des enfants, ceux qui vivent ici, jouent. Des chiens aboient. Dans une cabane au bord de la cour, un poste TV diffuse un film bengladeshi…
…
Je viens d’acheter mon rickshaw, et Mustaffa me propose aussitôt d’aller rendre visite à sa famille, restée au village, au nord du pays. Il m’invite à passer quelques jours là bas avec les siens et faire la connaissance de son père, de sa femme, de ses enfants. Nous nous y rendons, lui à vélo, moi à rickshaw…
Et je pédale alors, bercé encore de la voix de Toyub entendue il y a quelques jours seulement. Ce jeune homme garde et surveille la nuit, un chantier de travaux publics à Dhaka. Craignant de s’endormir, il chante chaque soir pour se tenir éveillé…
http://ddata.over-blog.com/1/17/71/42/Bengladesh-Rickshaw.mp3